lundi 27 octobre 2008
La bandaison
Des fois elle y est parfois non. On sait pas pourquoi. Pourtant je croyais que mes courbes suffisaient, mais non. Ton sang éclairci par l'alcool et ma gueule béante t'intimide. Mes idées te gênent. C'est raté et ça confirme que je dois pas m'offrir à l'incertitude. Dis rien essaie rien. Pas besoin. Je sais maintenant, faut prendre rendez-vous avec la bandaison. Nos âmes honteuses tentent de se dire au revoir alors qu'elles souhaitent plutôt faire sombrer nos visages dans les archives. Tentatives infructueuses à oublier. La pluie qui tombait ce soir n'effacera que dale. Je demeure une âme peinée et raboteuse. Sablage et ramonage. L'institutrice souillée se lève sans le soleil devant travailler, se présenter à des corps encore naifs et presque purs. Devant eux, elle se rappelle son indignité, son devoir teinté par sa pervesion et son avenir: une illusion. Le présent est risible, le passé la trucide et l'avenir lui donne envie de pisser.
jeudi 23 octobre 2008
Le Centre
Le soleil indique neuf heures. Elle a dormi quatre, cinq ou deux heures. Elle ne sait plus. Le noir l'obsède. Avec la lumière, c'est moins payant. Juste une petite passe. Vingt piastres pour retrouver la pénombre. Une chatte comme une lune cachée. Un coin pour se livrer. Du foutre jusque dans ses abysses. Un ras de marée et une ligne brisée. Elle y pense. Frigorifiée. Le froid brulant rétablit l'équilibre. Pourquoi l'a-t-elle fait? Elle l'a quittée, sa mer. Ici, juste un petit bout de fleuve brun et une rivière portant la crasse d'une ville en fête: Québec. Pointe-Paradis semble irréelle. St-Roch ex-quartier ouvrier, maintenant sans abris. Elle le craint, mais elle s'y terre. Tellement de bruits que celui dans sa tête disparait. Ses yeux n'entendent plus la misère, la décripitude. Elle regarde le gros fleuve, la mer. À côté de Godbout. Son nez oublie l'odeur de merde. Il sent le varech humide, la morue suspendue, le sable soufreux. L'air salin, mais pas le fond de tonne. Une voiture à côté d'elle un connard qui l'interpelle. Crachats et vomissures sur l'insolence humaine. Quand le Centre-Ville fait trop de bruits, elle n'oit plus les vagues.
samedi 18 octobre 2008
Insomnie
Il fait noir et je dors pas. Je déteste la nuit. Sortir prendre l'air. Mais si je sors, on va me prendre pour une pute et j'ai pas de gros chien. Les gens sont pauvres autour de moi. Les retraités de St-Roch doivent se demander pourquoi ils ont tant travaillé pour finir dans cette dèche. J'aurais envie de dire que pour eux c'est toujours la nuit. Prétentions. J'en sais foutrement rien. Je pense à leur alcolisme. Je le suis. Je pense à leur détresse. Je le suis. Je pense à leur solitude. Je le suis. Je pense à leur rejet. Je le suis. On prétend avoir tellement mal. On pense à nous. Je dors pas.
excuses
chez pas pourquoi je veux écrire. parce que je trouve les autres bons. j'aimerais ça être bonne mais j'ai honte de ce que j'écris. je ne suis pas bonne. les seuls êtres qui m'ont trouvé bonne étaient amoureux de moi. je décide d'écrire quand même. aujourd'hui je m'expose et j'écris. je m'y oblige. je suis bien dans les mots. j'aime les dire, mais j'aime aussi les lire et les écrire. ça fait pas de bruit. c'est beau. dans ma tête y'a toujours du bruit. y'en a moins quand mon cerveau le dit.
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